À qui appartient Slack ?

Qui détient Slack ?

Slack appartient à Salesforce depuis décembre 2020, à la suite d’un rachat de 27,7 milliards de dollars. Non, ce n’est pas Microsoft. La confusion est fréquente, mais les deux outils n’ont aucun lien capitalistique. Salesforce, éditeur américain spécialisé dans les logiciels de gestion de la relation client, est l’unique propriétaire de la plateforme. Voici ce que vous devez savoir sur l’histoire de Slack, les conditions de cette acquisition et ce qui distingue la plateforme de son rival Microsoft Teams.

🧠 L’essentiel à retenir

Slack = propriété exclusive de Salesforce depuis décembre 2020
💰

27,7 milliards de dollars

Le montant du rachat, record consécutif pour Salesforce.

🏢

Une unité autonome dans Salesforce

Slack conserve son identité propre au sein du groupe.

🚫

Aucun lien avec Microsoft

Teams et Slack sont deux produits concurrents, détenus par deux groupes distincts.

Salesforce est coté sur le NYSE sous le symbole CRM. Avant l’acquisition, Slack était coté sous le symbole WORK.

Slack appartient à qui aujourd’hui ?

Slack est une filiale de Salesforce, le géant américain du logiciel de gestion client (CRM). Depuis la finalisation du rachat au cours du deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2022 de Salesforce, la plateforme fonctionne comme une unité opérationnelle autonome au sein du groupe. Elle conserve sa marque, son interface et son écosystème propre, tout en étant profondément intégrée à la suite Salesforce Customer 360.

Avant cette acquisition, Slack était une entreprise cotée en Bourse de manière indépendante. Aujourd’hui, elle ne l’est plus : c’est Salesforce (NYSE : CRM) qui représente le groupe sur les marchés financiers.

Qu’est-ce que Slack exactement ?

Slack est une plateforme de communication collaborative fonctionnant en mode SaaS (logiciel accessible via abonnement en ligne). Son nom est un acronyme : Searchable Log of All Conversation and Knowledge, soit un journal de bord consultable de toutes les conversations et connaissances d’une organisation.

Concrètement, Slack organise les échanges en canaux thématiques, à la manière des anciens forums IRC. Les équipes peuvent y partager des fichiers, connecter des services externes comme GitHub, Google Drive ou Dropbox, et automatiser certaines tâches via des bots. La plateforme est disponible sur iOS, Android, macOS, Windows, Linux et navigateur web.

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Slack a été fondé en août 2013 par Stewart Butterfield, Eric Costello, Cal Henderson et Serguei Mourachov. Son origine est inattendue : l’outil est né en interne, au sein d’une équipe qui développait un jeu vidéo appelé Glitch. Le jeu a été abandonné, mais l’outil de communication interne, lui, s’est révélé bien plus prometteur. Butterfield est également connu pour avoir cofondé Flickr, la plateforme photo rachetée par Yahoo.

Slack compte aujourd’hui plus de 200 000 abonnés payants, une présence dans plus de 150 pays, et 77 entreprises du classement Fortune 100 parmi ses clients. IBM reste son plus grand compte déployé, avec 350 000 collaborateurs connectés à la plateforme.

Comment Salesforce a-t-il racheté Slack ?

L’acquisition de Slack par Salesforce est l’une des plus importantes de l’histoire du secteur des logiciels d’entreprise. Elle s’est construite en deux temps : une annonce retentissante, puis une intégration progressive dans l’écosystème Salesforce.

Les conditions financières de la transaction

L’opération a été annoncée officiellement le 1er décembre 2020 pour un montant total de 27,7 milliards de dollars. Chaque actionnaire de Slack a reçu 26,79 dollars en espèces, auxquels s’ajoutaient 0,0776 action ordinaire Salesforce par action Slack détenue, calculé sur la base du cours de clôture du 30 novembre 2020.

Pour financer cette opération, Salesforce a combiné ses liquidités propres, une nouvelle dette et un prêt-relais de 10 milliards de dollars. L’accord a été approuvé par les conseils d’administration des deux sociétés, avec un accord de vote représentant environ 55 % des droits de vote de Slack.

Ce rachat constitue le troisième record consécutif de Salesforce en matière d’acquisition, après MuleSoft (6,5 milliards) et Tableau (15,7 milliards). Les conseillers financiers de Salesforce étaient BofA Securities ; ceux de Slack, Qatalyst Partners et Goldman Sachs.

La logique stratégique derrière l’acquisition

Pour Marc Benioff, PDG de Salesforce, Slack représentait bien plus qu’un outil de messagerie. L’objectif affiché : faire de Slack la nouvelle interface centrale de Salesforce Customer 360, la suite qui regroupe l’ensemble des produits du groupe. En d’autres termes, transformer Slack en point d’entrée unique pour toutes les interactions client, projet et équipe au sein des entreprises utilisatrices.

Stewart Butterfield, alors PDG de Slack, avait qualifié ce rapprochement d’association « la plus stratégique dans l’histoire des logiciels d’entreprise ». Le contexte jouait en faveur de cette vision : l’essor brutal du télétravail lié à la pandémie avait accéléré la demande pour les outils de collaboration à distance, et Slack enregistrait une croissance forte de son usage.

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Depuis l’intégration, Slack a développé des connexions directes avec les modules Salesforce (Sales Cloud, Service Cloud, Marketing Cloud), permettant aux commerciaux et aux équipes support de traiter des informations CRM sans quitter leur interface de messagerie. L’intelligence artificielle occupe une place croissante dans cette stratégie : la plateforme propose aujourd’hui des fonctions de recherche intelligente, de synthèse automatique de canaux et de génération de notes d’appels.

Qui dirige Slack depuis le rachat ?

Stewart Butterfield a continué à diriger Slack après la clôture de l’acquisition, en tant que responsable de l’unité au sein de Salesforce. Il a quitté ses fonctions en décembre 2022, moins de deux ans après la finalisation du deal. Son départ a été suivi de la nomination de Denise Dresser au poste de CEO de Slack en 2023.

Denise Dresser a elle aussi quitté la direction de la plateforme fin 2025. Ces transitions successives illustrent la tension classique entre l’autonomie d’une entité rachetée et les impératifs d’intégration d’un grand groupe. Malgré ces changements de gouvernance, Slack continue de fonctionner comme une division identifiable au sein de Salesforce, avec sa propre feuille de route produit et son écosystème de partenaires.

Ce profil de filiale « à identité préservée » est délibéré : Salesforce a intérêt à conserver la base d’utilisateurs de Slack, qui est attachée à la plateforme pour elle-même, indépendamment du groupe qui la possède. Forcer une fusion visuelle ou fonctionnelle trop rapide avec les produits Salesforce aurait pu provoquer des départs vers la concurrence, notamment vers Microsoft Teams.

Slack est-il lié à Microsoft ?

Non. Slack n’a aucun lien capitalistique avec Microsoft. Les deux plateformes sont des concurrentes directes sur le marché de la collaboration d’entreprise, appartenant à deux groupes distincts et sans relation de propriété entre eux. Cette confusion est pourtant l’une des plus répandues chez les utilisateurs qui découvrent le sujet.

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Pourquoi la confusion avec Microsoft Teams est fréquente

Microsoft Teams et Slack occupent le même espace fonctionnel : messagerie d’équipe, canaux, partage de fichiers, appels vidéo. Pour beaucoup d’utilisateurs, les deux outils remplissent la même fonction au quotidien, ce qui brouille la perception de leur appartenance.

La confusion est renforcée par le fait que Teams est préinstallé dans les suites Microsoft 365, utilisées massivement en entreprise. Beaucoup de salariés « tombent » sur Teams sans l’avoir choisi, et associent mentalement tous les outils de messagerie professionnelle à l’univers Microsoft. Slack, lui, est une plateforme indépendante que les entreprises adoptent par choix, souvent pour ses intégrations avec des outils comme les grands acteurs du cloud et du SaaS (GitHub, Salesforce, Atlassian, Google Workspace).

La bataille antitrust Slack contre Microsoft

La rivalité entre les deux plateformes a dépassé le simple terrain commercial. Slack a déposé une plainte antitrust auprès de la Commission européenne contre Microsoft, reprochant à ce dernier d’avoir couplé Teams à ses suites Office de manière à étouffer la concurrence. L’argument : en intégrant Teams par défaut dans des abonnements déjà très répandus, Microsoft forçait de fait les entreprises à utiliser son outil, sans leur laisser réellement le choix.

Sous la pression réglementaire, Microsoft a progressivement dissocié Teams de ses offres Office, d’abord en Europe et en Suisse, puis à l’échelle mondiale. La Commission européenne a validé ces engagements, portant notamment sur la facilitation des migrations et l’interopérabilité via des interfaces techniques ouvertes. Salesforce, au nom de Slack, a depuis ouvert une nouvelle procédure au Royaume-Uni, poursuivant le bras de fer juridique sur un autre territoire.

Cette bataille illustre un point souvent sous-estimé : la question du propriétaire d’une plateforme n’est pas seulement une curiosité corporate. Elle détermine les orientations produit, les stratégies tarifaires et les rapports de force entre acteurs du marché, avec des conséquences directes pour les entreprises qui choisissent un outil de collaboration.

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Cécile Francesca

J’observe le business comme un terrain d’idées et le marketing comme un levier d’impact. Sur mon blog, je parle d’entreprise, de stratégie et de décisions qui comptent vraiment. J’aime décrypter, simplifier et transmettre. Derrière chaque marque, il y a une vision ; mon rôle est de la rendre lisible, cohérente et durable.

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