Quelle est la loi sur les tickets de caisse et ses obligations ?

Quelle est la nouvelle loi sur les tickets de caisse ?

Depuis le 1er août 2023, les commerçants ne sont plus obligés de vous remettre un ticket de caisse automatiquement après chaque achat. La loi impose désormais l’inverse : le ticket devient disponible sur demande, mais son impression systématique n’est plus la règle. Rassurez vous, le ticket de caisse n’a pas disparu, il a simplement changé de statut.

🧾 L’essentiel à retenir

Ticket systématique aboli = ticket disponible uniquement sur demande
📅

Depuis août 2023
La loi AGEC met fin à la remise automatique du ticket.

⚠️

Des exceptions existent
Garantie, restauration et paiement par carte gardent leurs règles propres.

💶

Jusqu’à 7 500 €
C’est l’amende encourue par un commerçant non conforme.

Que change la loi AGEC depuis le 1er août 2023 ?

Cette réforme prend sa source dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), votée en février 2020, dont l’application concrète pour les tickets de caisse a été fixée au 1er août 2023. Le texte s’appuie sur l’article L541-15-10 du code de l’environnement. Son principe est simple : la remise du ticket ne se fait plus par défaut, elle devient conditionnée à une demande du client. Concrètement, un caissier n’a plus à imprimer et tendre le ticket à chaque passage en caisse, sauf si vous le réclamez.

L’objectif dépasse la simple économie de papier. Chaque année en France, environ 12,5 milliards de tickets sont imprimés, consommant près de 150 000 tonnes de papier. Une bonne partie de ce papier thermique contient du bisphénol, une substance perturbatrice du système hormonal qui traverse la peau au contact. Les caissiers, exposés toute la journée, sont particulièrement concernés. Réduire l’impression systématique répond donc à un double enjeu, environnemental et sanitaire.

Quels tickets sont concernés par cette interdiction ?

La mesure ne se limite pas au simple ticket remis après un passage en caisse. Elle couvre un périmètre assez large de documents habituellement imprimés sans qu’on y prête attention.

  • Tickets de caisse classiques : dans les commerces de détail, supermarchés, boutiques et tout établissement recevant du public
  • Tickets de carte bancaire : le petit reçu remis après paiement par carte, désormais lui aussi soumis à la demande
  • Tickets d’automates : distributeurs automatiques et bornes de paiement en libre service
  • Bons d’achat et tickets promotionnels : coupons de réduction ou de fidélité générés automatiquement en caisse
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Cette règle s’applique quel que soit le montant de l’achat ou la nature du produit vendu. Que vous achetiez une baguette ou un téléviseur, le principe reste identique : pas d’impression automatique, sauf demande explicite de votre part.

Dans quels cas le ticket reste-t-il obligatoire ?

Certaines situations échappent à cette suppression de l’impression systématique. Une règle simple permet de s’y retrouver rapidement : dès qu’un bien est durable ou que le client formule une demande explicite, le ticket doit être imprimé, sans possibilité de refus pour le commerçant.

Les biens durables et prestations réglementées

Pour tout achat d’un produit couvert par la garantie légale de conformité, le ticket reste obligatoire. Cela concerne l’électroménager, l’informatique, la téléphonie, le mobilier, les jouets ou encore les articles de sport. Le ticket sert ici de preuve d’achat indispensable pour faire valoir vos droits en cas de panne ou de défaut. S’ajoutent à cette liste les produits vendus au poids, comme en boucherie ou au rayon fruits et légumes, ainsi que les prestations de service dont le prix atteint ou dépasse 25 € TTC, pour lesquelles une note doit systématiquement être délivrée.

La restauration et les opérations bancaires spécifiques

Les restaurants et hôtels restent soumis à une obligation propre : la délivrance d’une note ou d’une addition imprimée, fixée par un décret de décembre 2022. Ce secteur n’entre donc pas dans le même cadre que le commerce classique. Par ailleurs, les tickets de carte bancaire liés à des opérations annulées, non abouties ou réalisées à crédit doivent toujours être imprimés, afin d’éviter tout risque de double paiement. Enfin, certains automates, comme les bornes de parking ou de péage, continuent d’émettre un ticket nécessaire pour prouver le paiement du service.

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Quelles sont les obligations du commerçant qui reçoit le client ?

Pour rester en conformité, chaque professionnel doit respecter plusieurs règles précises, sous peine de sanction. La première consiste à afficher, de manière lisible et compréhensible, une information à proximité de la caisse précisant que le ticket n’est imprimé que sur demande. Ce message doit être clair, formulé en phrases courtes, distinct des autres indications commerciales.

Le commerçant doit ensuite imprimer le ticket dès que le client le demande, sans exception ni justification à apporter. Cette obligation s’applique même si un personnel formé à l’utilisation de la caisse a déjà transmis un ticket dématérialisé. Trois options doivent donc coexister dans chaque point de vente : l’absence de ticket si le client ne le demande pas, l’impression papier sur simple requête, et le ticket dématérialisé proposé en option, jamais imposé.

Chaque ticket délivré, papier ou électronique, doit par ailleurs comporter certaines mentions obligatoires.

  • Identité du commerce : nom et adresse du point de vente
  • Détails de la transaction : date, heure, désignation des articles, prix unitaire et quantité
  • Informations fiscales : montant hors taxes, taux et montant de la TVA
  • Total et paiement : montant TTC, mode de règlement utilisé

L’absence de ces mentions ou le refus d’imprimer un ticket demandé expose le commerçant à une amende pouvant atteindre 7 500 €. Un logiciel de caisse certifié permet généralement de générer ces informations automatiquement, limitant le risque d’erreur.

Comment le consommateur peut-il obtenir ou remplacer son ticket ?

En tant que client, vous conservez le droit de réclamer votre ticket papier à tout moment, y compris après avoir reçu une version dématérialisée par email ou SMS. Le commerçant ne peut pas s’y opposer. Vous pouvez également refuser que vos coordonnées soient collectées pour l’envoi d’un ticket numérique et demander directement la version imprimée à la place.

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Si vous n’avez pas conservé de ticket, plusieurs solutions permettent tout de même de prouver un achat. Votre relevé de compte bancaire fait foi pour le montant et la date de la transaction. L’historique de caisse du commerçant, consultable sur demande, permet aussi de retrouver le détail d’une vente passée. Un programme de fidélité lié à votre compte client conserve également une trace de vos achats.

Le ticket reste néanmoins l’outil le plus simple pour activer une garantie, contester une erreur de caisse ou procéder à un échange. Mieux vaut donc le demander systématiquement pour tout achat de bien durable, plutôt que de compter sur des solutions de remplacement parfois plus longues à mobiliser.

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Cécile Francesca

J’observe le business comme un terrain d’idées et le marketing comme un levier d’impact. Sur mon blog, je parle d’entreprise, de stratégie et de décisions qui comptent vraiment. J’aime décrypter, simplifier et transmettre. Derrière chaque marque, il y a une vision ; mon rôle est de la rendre lisible, cohérente et durable.

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